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Les religieux sermonnent les politiques

Tour à tour Mahmoud Dicko et Chérif Ousmane Haïdara se sont exprimés récemment sur la situation politique. Le premier n’hésite pas à s’en méler; le second déplore ces façons de faire qui dénaturent l’islam. AZvec, en fin  d’article, la biographie du leader des leaders religieux.

Pour Mahmoud Dicko, l’accord de paix souffre de l’exclusion de certains « maliens » dont les terroristes d’Ansar Dine

A.H. – © maliactu.net – 1 février 2016

Le président du Haut Conseil Islamique du Mali, Mahmoud Dicko, estime que le dialogue pour le retour de la paix a exclu certains « maliens », dont les terroristes d’Ansar Dine, et l’accord conclu pâti aujourd’hui de l’absence de ces acteurs, d’après lui.

Dans un entretien accordé à la chaîne de télévision francophone, TV5Monde, Mahmoud Dicko a donné son point de vue sur les causes des difficultés enregistrées dans la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Signé depuis juin 2015 par le gouvernement et tous les groupes armés non terroristes, l’accord de paix, qui devait rapidement poser les jalons pour un retour définitif de la paix, tarde toujours à impacter sur la situation sécuritaire du pays.

Selon le président du Haut Conseil Islamique du Mali, le processus de dialogue qui a abouti à la conclusion de cet accord a exclu des acteurs qui sont tout autant maliens que ceux qui ont participé aux négociations.

« Il faut avoir le courage de le dire, certains éléments qui sont des maliens eux aussi, qui font partie aussi de cette crise, ont été exclus de la négociation », a-t-il déclaré dans l’entretien, avant de préciser qu’il pense notamment à Ansar Dine, le groupe terroriste fondé par le sanguinaire Iyad Ag Ghaly.

Les pourparlers de paix arbitrés par l’Algérie, qui ont duré environ une année, n’ont pas concerné les groupes armés qui jurent de faire du Mali un Etat terroriste. AQMI, Al-Mourabitoune, le Front de Libération du Macina (FLM) et Ansar Dine, par leurs attaques meurtrières contre militaires et civils à travers le pays, continuent de torpiller les efforts pour un retour de la paix au Mali.

Depuis la signature de l’accord avec les mouvements qui se sont démarqués des terroristes, les actions criminelles des organisations terroristes ont monté en fréquence et touchent pratiquement tout le pays. Est-ce pour autant que sans un dialogue avec eux, l’accord de paix est voué à l’échec ? Difficile de trancher. Cependant, d’après Mahmoud Dicko, l’exclusion de certains acteurs des discussions est un frein évident à la mise en œuvre de l’accord de paix signé en 2015.

« Il y a eu accord de paix. Ceux qui sont censés être les belligérants, tout le monde est d’accord. Si ça ne marche pas, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas quelque part. Et ce quelque part là, pour moi, selon mes explications, c’est qu’en réalité on n’a pas discuté avec tout le monde », analyse-t-il dans l’entretien accordé à TV5Monde.

Volontaire lors de l’occupation terroriste du nord pour engager le dialogue avec les obscurantistes, l’Imam Dicko a également réaffirmé que « c’est avec le dialogue seulement qu’on peut arriver à quelque chose ».

Comme lorsqu’il a assimilé les attentats terroristes à des punitions divines, cette position risque encore de valoir à Mahmoud Dicko de nombreuses critiques. Sauf que cette fois-ci, il n’est pas la seule personnalité à défendre le dialogue avec les terroristes. Tiébilé Dramé, le président du PARENA, est également un farouche défenseur de cette piste.

Accointance entre politique et religion au Mali : Le Chérif Haïdara « tacle » le gouvernement

Issiaka Sidibé – Par Le Matinal – 2 février 2016

La religion doit être un facteur d’union, de tolérance et de paix. En Islam, la reconnaissance et la croyance en un seul Dieu est la règle, un Dieu omnipotent, omniscient et miséricordieux. Mais le fondamentalisme religieux n’est pas un relais vers l’extrémisme religieux devant conduire au bannissement à tout prix.

Et qui fait de l’homme un loup pour un autre homme, qui ordonne l’exécution de son semblable ou l’envoie au supplicier sous le vocable d’Allah Akbar la formule célèbre universellement reconnue ou consacrée par leurs auteurs qui se présentent comme des fans ou fous de Dieu et qui sont pressés que la guerre des religions commencent.

La religion prônée par Mahomet est celle de la tolérance. Et sur ce chapitre, le Coran est formel, « on ne peut donner gratuitement la mort à son semblable ». Ces personnes qui se livrent à une telle barbarie sont plutôt des mécréants, bannissables. Elles doivent éviter d’assimiler l’islam à la violence et aux massacres. C’est pour cette raison que Chérif Ousmane Madani Haïdara a conseillé d’être vigilant.

Dans un entretien sur TV5 Monde, le prêcheur n’est pas allé avec le dos de la cuillère.

Pour Chérif Ousmane Madani Haïdara, c’est l’attitude coupable du gouvernement qui fait plus mal. Chérif lui prône la non-violence et un islam tolérant et condamne la collusion ente politique et wahhabisme qui constitue l’une des nombreuses branches d’adoration divine.

Donc contrairement à ce que d’aucuns pensent, le Chérif s’inquiète de la montée du phénomène islamiste liée à la pauvreté dans notre pays.

L’argent des pays du Golfe permet-il d’acheter la conscience des Maliens ?

Chérif Ousmane Madani Haïdara est formel, « cette manne financière intéresse certaines personnes dans un pays pauvre comme le nôtre ».

Dans son raisonnement, Haïdara ne craint pas le wahhabisme en tant que tel, et ne s’insurge pas contre cette pratique religieuse, mais déclare qu’il a « peur de la position prise par le gouvernement qui privilégie un courant religieux par rapport à un autre ».

« Cela peut nous opposer » a-t-il fulminé avant d’ajouter que l’adoration divine doit se passer dans la paix et le respect mutuel ». Là où Haïdara tacle le gouvernement, c’est lorsqu’il fait savoir que des religieux ont étalé leur position politique. Cette accointance entre la religion et la politique agace celui qui est considéré comme une référence en matière religieuse au Mali.

On se rappelle aussi que l’un des membres du Haut conseil islamique avait révélé que plus de 32 associations religieuses aident IBK et qu’il urge que le chef de l’Etat donne une aide conséquente à hauteur de ce soutien. Mieux, des informations font savoir que des sectes qui tuent au Mali sont démasqués. Est-ce la raison pour laquelle Haïdara a créé l’association des leaders spirituels du Mali ?

Pour Chérif Ousmane Madani Haïdara, cette création a pour but de sceller la paix, de perpétuer l’islam des ancêtres et de se respecter entre religieux, mais surtout de lutter contre ceux qui tuent leurs prochains.

Et à Haïdara de poursuivre : « Chaque association a sa place au Mali » Avant de conclure : « Je suis contre des courants qui disent : si tu ne penses pas comme moi, je te tue ».

Le Chérif va loin car c’est pour donner une bonne éducation à nos enfants qu’ils doivent être admis dans les écoles coraniques ou publiques. La seule finalité étant de ne pas se laisser tromper ou se laisser tenter par l’argent.

Qui est Chérif Ousmane Madane HAIDARA ? D’où vient-il ?

Chérif Ousmane Madane HAIDARA est né le 12 Mai 1955 à Tamani dans la région de Ségou. Tamani où le Guide se rend toutes les fêtes de Ramadan et TABASKI, est situé à environ 70 km de Ségou, la 4ème région administrative du Mali. Il prêche en langue Bambara, une langue parlée dans plus de 6 pays d’Afrique de l’Ouest, d’où provient la majorité de ses fidèles.

D’origine chérifienne, son père est Mohamad El-Madani HAIDARA (Qu’Allah l’agrée) et sa mère Massitan TRAORE. Il est communément appelé HAIDARA, ou Chérif, ou Bani, ou même Woulibaly (qui signifie “Qu’on ne peut le contredire”) car tout ce qu’il dit provient du Coran et des Hadiths. Il ne possède pas une autre toriqua. Ses enseignements se basant uniquement sur le Coran et les hadiths du prophète Mohammad (P.S.L).

Son père n’avait eu qu’une fille qui est décédée à bas âge. Son père a fait plus de 10 ans après ce décès sans enfant. Il était un musulman pieux et sincère. Il a donc pris l’engagement entre lui et Dieu, que si Dieu lui donne un enfant, il le sacrifiera dans le sentier d’Allah. C’est cet enfant qui fût Chérif Ousmane Madani HAIDARA.

Chérif Ousmane Madane Haidara fut d’abord inscrit à l’école française, ensuite son père opta pour une medersa à Ségou. Pour son père, c’est le seul moyen d’honorer son engagement face à Dieu (Exalté soit-Il). C’est ainsi qu’il fut inscrit au célèbre établissement de Saad Touré. Un établissement connu à cette époque pour la diffusion des enseignements islamiques.

Il arrêta ses études après six ans. Son père lui confia à un illustre marabout Bama Worofana. Il resta près de ce dernier jusqu’à la mort de son père. Ensuite, il va entreprendre son propre autoformation en cherchant toutes les connaissances qui sont nécessaires à la bonne compréhension de l’Islam.

Fin 79 début 80, il est rentré en Côte d’Ivoire, précisément à Daoukoro, puis d’autres villes, pour faire des prêches et pendant ce temps, il avait aussi le savoir maraboutique et le pratiquait de temps en temps. Il a commencé les prêches dès l’âge de 13 ans, en ce moment il était encore inscrit à Ségou, et enseignait la prière et les ablutions à son retour au village natal.

De retour au Mali, il s’installe à Mopti et continue à faire des prêches en dénonçant toutes les mauvaises pratiques de la société. Il se fait facilement des ennemis à qui profitaient ces mauvaises pratiques comme la corruption. Il va connaître sa première suspension de faire le prêche public à Mopti. Il était contraint de venir à Bamako pour voir les autorités enfin de retrouver son autorisation d’exercer son métier de prédication.

Il en profite pour faire quelques prêches. Beaucoup de gens furent séduits par ses prêches lesquelles dénonçaient les mauvaises pratiques de la société. Un groupe de femmes lui a proposé de rester à Bamako et de continuer à véhiculer son enseignement. Il accepte et reste à Bamako.

A Bamako, il va connaître sa deuxième suspension en raison des propos qu’il tenait. Il lui fut interdit de faire des prédications sur les places publiques. Il organisait ses prêches chez lui. Les fidèles qui étaient convaincus, venaient suivre ces prêches et enregistraient sur des cassettes audio. C’est ainsi qu’il a pu véhiculer son enseignement tout en étant sous surveillance.

Ses fidèles ont eu l’idée de créer une association pour l’aider à véhiculer son enseignement sous le vocable “Haidara TON”, mais c’est lui même qui va proposer l’appellation “Ançar-dine”.

Ançar-dine est devenue peu à peu une institution par le nombre de personnes qui la compose et le nombre de pays d’implantation.

Ses prédications

Vers le début des années 1983, HAIDARA quitte Mopti où il faisait des prêches et arrive à Bamako (capitale malienne) pour une commission où il a profité pour faire des prêches qui ont fait des émules. Un groupe de femmes décide de le maintenir à Bamako pour qu’il puisse continuer à leur enseigner le Coran et pris l’engagement de l’aider pour ses frais quotidiens. Il accepte. A ce groupe de femmes se sont ajoutés lentement mais sûrement d’autres femmes et hommes qui ont fini par créer autour de lui l’association « Ançardine » c’est-à-dire « Ceux qui aident la religion ».

Chérif Ousmane Madani HAIDARA s’est directement attaqué aux maux de la société malienne au début de ses prédications. Il a dénoncé toutes les pratiques amorales. Les personnes qui profitaient de cette situation voyaient leurs intérêts menacer et vont mener contre lui une guerre sans merci. Le guide fut assigné à résidence plusieurs fois.

Pour lutter contre les maux de la société, le guide va éclairer les gens sur la Bayatoul islamiya qui s’articule autour de 6 serments. Haidara voyait autre chose : la promotion de l’islam avec le Coran et tous les hadiths comme armes de guerre (sourate 60 AL-MUMTAHANAH (L’EPROUVÉE), verset 12, sourate 48 AL-FATH (LA VICTOIRE ECLATANTE), verset 10).

HAIDARA a donc expliqué beaucoup de notions en Islam qui étaient jusque-là méconnues ou simplement confuses ou ignorées. On a longtemps dit aux gens que tant qu’ils prient, quel que soit le péché, ils restent musulmans et Dieu les pardonne. HAIDARA a expliqué que l’islam est venu pour combattre les mauvais comportements par la croyance sincère en Dieu, l’abandon du vol, de l’adultère, du mensonge … des péchés graves et condamnables.

Chérif Ousmane Madani HAIDARA s’est exprimé sur tous les sujets qui aident un musulman à la bonne compréhension de sa religion.

Haïdara est à la base de la conversion de milliers de personnes, parmi eux  des bandits, délinquants, infidèles, idolâtres. Il a formé des prédicateurs de plusieurs nationalités (plus de 800 prêcheurs formés) HAIDARA a construit un grand centre de santé appelé « Centre de santé Clinique Chérifila » d’une valeur de plus de 1 milliard de Fcfa. Chaque mercredi, tous les patients sont consultés et soignés gratuitement. C’est le centre le moins cher selon nos informations au Mali…

 

 

 

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